Mercredi 2 février

Je me lève de bonne heure et sors voir le temps : brouillard et pluie fine, donc pas d’ascension au Mont Aaron. Je vais demander à Toufik si il ne nous serait pas possible de partir pour le Wadi Rum vers 13 h au lieu de 16 h.
Je sors tout de même faire un brin de toilette en plein air.
Ceux qui avaient réussi à s’endormir se réveillent et disent à JP qu’il a ronflé comme jamais ils n’avaient entendu, tout le monde rigole et se moque gentiment de lui !
Toufik téléphone à l’agence et pas de problème pour que nous partions plus tôt pour le Wadi Rum où le temps est meilleur.
Nous partons à travers les collines pour rejoindre le village bédoin vers 13 h et pour retrouver notre chauffeur.
Nous pique-niquons en cours de route avec une dernière vue magnifique sur les tombeaux royaux. Toufik soulève une pierre et nous découvrons un petit scorpion jaune assez vif.

Vers 13 h nous arrivons au village bédoin, Toufik nous invite chez ses parents pour boire du thé, nous nous installons dans une grande pièce vide avec seulement des coussins posés tout autour, c’est la pièce réservée aux hommes, je suis l’exception. Sa mère et ses soeurs nous saluent mais restent à l’extérieur de la pièce.
Ensuite nous allons aussi prendre le thé chez Mohammed qui veut nous présenter sa jeune épouse. La maison est moderne avec cuisine équipée. Sa femme est vêtue d’un survêtement moderne avec la capuche sur la tête.
Souverain moderne, le roi Abdullah et sa jolie épouse Rania, se sont attachés à améliorer la condition féminine en Jordanie. Mais peu de mari autorise leur femme à travailler et seulement dans les secteurs de l’éducation ou de la santé. Toutes les femmes portent un foulard même si peu à peu elles abandonnent les vêtements traditionnels.
Les hommes ont le droit d’avoir 4 épouses mais celles-ci peuvent demander le divorce.

A 13h30 un chauffeur arrive, ce n’est pas le même que pour venir à Pétra car il n’était pas libre.
Nous avons environ 1h30 de route assez monotone jusqu’au Wadi Rum.
Le temps s’améliore nettement et quand nous arrivons au visitor center il y a un grand ciel bleu et il fait assez chaud.
Un gardien nous ouvre une grande salle de cinéma à 180° pour nous présenter un très beau film, en français, sur le Wadi Rum.
Puis nous voyons arriver nos 2 guides. 
Un des deux, Moutlag, est très classe : djellaba d’une blancheur incroyable, cheveux gominés avec un grand manteau marron brodé.
L’autre, Ali a aussi une belle djellaba mais noire à fines rayures blanches.
Ils ont l’air très marrants, ils nous conduisent à leur voiture et là c’est la rigolade : un 4x4 Toyota Land Cruiser sans âge, où il n’y a que l’horloge qui fonctionne, tout le reste est HS, plus de poignée de porte, un seul phare avant, toute cabossée !
Moutlag est un sacré numéro, nous n’allons pas nous ennuyer !
C’est parti, la voiture grimpe péniblement les dunes quand tout à coup une secousse et plus rien. Il nous demande si on a une bouteille d’eau pour en remettre dans le radiateur, remet le câble d’accélérateur qui avait sauté, ça sent le gasoil mais ils trifouillent quelques fils dans le moteur et ça repart !!
Nous nous arrêtons  pour quelques photos en haut d’une dune.
Puis nous cherchons une caverne pour installer notre bivouac.
Nous trouvons enfin une caverne qui doit servir de temps en temps aux chèvres car le sol est tapissé de crottes mais bon la vue est sympa et vu que les matelas n’ont eux aussi plus d’âge, ils ne craignent rien.
Nous partons ramasser du bois pour le feu pendant que Moutlag se met à la cuisine.
Après le délicieux repas, ils se mettent à chanter et nous demandent de leur apprendre une chanson en français, JP leur apprend : «j’entends le loup, le renard et la belette....» et c’est la rigolade, Moutlag sort un cahier pour l’écrire phonétiquement mais il n’arrive pas à prononcer «j’entends» et «la belette» qui finit pas devenir «Ali boulette» ! trop drôle.
Nous installons les matelas sur les crottes de chèvres, une couverture bédouine par dessus, notre duvet et une autre couverture et finalement c’est très confortable et la vue sur les milliers d’étoiles est somptueuse.
JP ronfle toujours mais ça résonne un peu moins !!

Jeudi 3 février

Grasse matinée pour les hommes, j’en profite pour aller faire un brin de toilette, me balader et faire quelques photos.
Le lever du soleil donne aux rochers de belles couleurs.
Après le petit déjeuner nous partons faire une petite rando d‘1h30 à travers des dunes rouges et un canyon avec Moutlag.
JP et Moutlag jouent à se lancer un caillou : les enfants s’amusent !
Après la balade on rejoint Ali qui avait tout rangé et s’était rendu en 4x4 dans un autre endroit où il avait préparé du thé.
Nous discutons un peu avec des anglais que nous croisons et qui étaient partis depuis 10 mois d’Angleterre avec un gros camping car tout terrain et étaient arrivés jusqu’ici.
Ensuite les rôles sont inversés, c’est Ali qui nous emmène en balade pour aller admirer une petite arche.
Nous retrouvons le 4x4 pour le déjeuner, Ali fait la cuisine, Moutlag la sieste, JP lit et moi je pars faire quelques photos du sol craquelé par la pluie de ses derniers jours.
Après le déjeuner Moutlag regarde les photos sur mon appareil, je leur propose de les prendre en photo et de leur imprimer le soir. Ils sont ravis et prennent la pose.
Ensuite ils habillent JP en Bedu et reprennent la pose !
Nous reprenons ensuite le 4x4 pour aller à l’arche
Après avoir rempli le toit du 4x4 de bois, Moutlag descend la dune à fond la caisse pour s’arrêter juste devant un groupe de polonais qui prenait des photos. Ces derniers sont furieux car ils ne peuvent plus prendre leur photo.
Moutlag veut ensuite aider une fille du groupe à escalader l’arche mais le mari n’apprécie pas, alors Moutlag essaye de plaisanter en leur demandant si ils veulent échanger leur 4x4 flambant neuf contre le sien tout pourri. Ils se dérident un peu et lui disent qu’il ne vaut pas plus de 100 euros, mais Moutlag leur explique que c’est une voiture de collection que son grand-père a donné à son père, qui lui a donné et que lui la donnera à ses enfants ! Les polonais n’ont jamais vu ça et filment la voiture sous toutes les coutures et ça part à la rigolade.
Moutlag démarre alors à fond la caisse tout fier d’avoir réussi son show.
Nous rencontrons ensuite le frère de Moutlag en compagnie de 2 français Pierre et Amandine, son frère est tout calme rien à voir avec lui qui n’arrête pas de blaguer et rigoler.
Moutlag décide de faire faire des sauts à tout le monde dans les dunes.
Puis une petite course avant d’aller tous ensemble dans un campement où nous attend une confortable tente bédouine.
Après un très bon barbecue composé de poulet et de légumes, c’est parti pour une agréable soirée où Moutlag et son frère et Ali chantent et dansent.
J’imprime les photos pour Moutlag et Ali, ils sont ravis et Ali m’envoie un baiser pour me remercier et garde la photo dans la poche sur son coeur.
Pierre et Amandine qui devaient dormir dans une autre tente viennent finalement dans la nôtre et nous dormons tous très bien.

Vendredi 4 février

Petit déjeuner à 7h car notre chauffeur nous attend au visitor center à 8h.
Nous quittons Pierre et Amandine qui restent encore la matinée.
Nous arrivons vers 8h15 mais Moutlag veut nous faire visiter sa maison qu’il fait construire, ce que nous faisons. Il est tout content que nous acceptions, la maison ne paye pas de mine à l’extérieur mais l’intérieur est très beau, là encore une pièce pour les hommes et une autre pour les femmes et une superbe cuisine.
Nous retrouvons notre premier chauffeur qui nous attend depuis 1/2 h mais ici le temps ne compte pas !
Nous quittons avec regret Moutlag et Ali qui étaient vraiment très drôles et très sympas.
Le trajet jusqu’à la mer morte est d’environ 4 heures, la vitesse est limitée à 110 km/h et les contrôles de police sont très fréquents.
Nous nous arrêtons à Dana à 1600 m d’altitude pour redescendre ensuite à - 400 m en dessous du niveau de la mer.
Pour notre dernière nuit en Jordanie ce sera le grand luxe à l’hôtel Movenpick, cela nous changera de la grotte et de la caverne !
Notre chauffeur nous dit que le lendemain nous aurons une femme chauffeur qui viendra nous chercher. Il nous dit qu’en Jordanie les femmes n’ont pas le droit de travailler dans des hôtels ou des restaurants et quand nous lui demandons pourquoi, il nous répond que c’est pour les protéger car dans ces lieux il y a beaucoup d’hommes mauvais !
Nous arrivons à l’hôtel sales et sentant la fumée mais cela n’a pas l’air de trop se voir car le réceptionniste décide de nous donner une chambre d’une catégorie supérieure.
Dans le hall un homme en costume nous sert de délicieux jus de citron avec de la menthe et du miel
L’hôtel est superbe avec plusieurs piscines et un accès direct à la mer Morte
Mais pour le moment il pleut et la vue sur la mer est plutôt bouchée.
Nous apprécions la chambre et surtout la salle de bain !
2 bains ne seront pas de trop pour nous décrasser !
Nous visitons ensuite les jardins de l’hôtel et nous prélassons dans un bar extérieur qui donne sur la mer
La température de la mer est fraîche : 16° je ne risque pas d’y mettre un pied mais JP est bien décidé à se baigner le lendemain matin.
Le soir nous dînons dans un des restaurants de l’hôtel, nous n’avons pas très bien compris que le prix que le serveur nous annonçait n’était en fait que pour un forfait vin à volonté et l’addition est un peu salée, mais bon le tout étant délicieux on ne regrette rien !

Samedi 5 février

Nous nous levons assez tôt pour prendre un petit déjeuner aussi bon que le repas du soir et ensuite profiter de la mer avant notre départ à 12h30.
Le temps est meilleur et la vue un peu plus dégagée.
La température extérieure est de 22° mais la mer est toujours aussi fraîche 16°. JP se lance, la sensation est très particulière, l’eau porte énormément et difficile après la planche de se remettre debout.
On ne doit pas y rester plus de 20 mn et ensuite il faut bien se rincer, mais ensuite peau douce garantie !

Nous attendons ensuite notre chauffeuse dans le hall de l’hôtel en sirotant un dernier jus de citron.
Une jeune et jolie femme habillée un peu en garçon manqué : jean et casquette arrive, elle est la seule femme à faire ce métier, 2 autres ont essayé mais ont vite abandonné. Quand je lui demande si ce n’est pas trop difficile, elle me dit que si car les hommes n’acceptent pas du tout ce genre de métier pour une femme, encore heureux que la plupart du temps ses clients sont des touristes étrangers qui n’y voient pas d’inconvénient. Et quelques minutes plus tard, arrêtés à un feu, nous pouvons vérifier ses dires : 3 hommes dans une voiture, arrêtée à côté de la nôtre, n’arrêtent pas de la dévisager et de faire des commentaires entre eux qui n’ont pas l’air d’être les plus sympas, elle nous fait un petit sourire dans le rétro car elle a vu notre réaction.
Arrivés à l’aéroport je lui dit que nous trouvons qu’elle est très courageuse de faire ce métier et qu’elle doit continuer.
Elle nous remercie, très heureuse que nous l’encouragions.

Au contrôle de l’aéroport je ne dois pas passer avec JP car les femmes on une petite salle à part où seules des femmes nous contrôlent.
Nous ferons une escale à Vienne et ensuite c’est l’arrivée à Roissy.


Cette petite semaine en Jordanie aura été vraiment dépaysante et la découverte de Pétra fabuleuse, nous ne nous attendions pas à une telle beauté et à un tel accueil des jordaniens.