Jeudi 6 août :
 
    C’est parti pour Régina, 2 h d’une route en bon état mais pleine de virages, avec en prime un barrage de gendarmerie où il faut être patients car ils regardent en détail nos pièces d’identité et notre tête, comme si les clandestins s’amusaient à passer par la route alors qu’ils ont toute la forêt, qu’ils connaissent comme leur poche pour contourner le barrage !!
A 9 h nous embarquons en pirogue avec Patrick et 4 autres personnes en direction de Savane Roche sur le fleuve Approuague où nous devons bivouaquer. ¼ d’heure après le départ Patrick s’aperçoit qu’il a oublié le riz pour les repas, il nous dépose le long du fleuve et repart seulement avec Anthony qui devra garder la pirogue pendant que lui ira chercher le riz. Les piroguiers surveillent toujours leur pirogue car il y a souvent des vols de pirogues ou de moteur, commis par les brésiliens orpailleurs clandestins.
Ils reviennent avec le riz et nous nous arrêtons plus loin chez un homme tatoué qui vit seul sur les bords du fleuve et garde une petite chapelle, pour prendre des citrons. 1h après, nous entrons dans une crique et arrivons en pleine forêt dans un carbet construit par Patrick pour déposer nos sacs. En fait nous ne pourrons pas dormir à Savane Roche comme prévu car il n’y a plus la possibilité d’installer les hamacs, les 4 autres personnes qui sont avec nous ne sont pas très contentes de ce changement, nous, nous attendons de voir la suite.
Nous reprenons la pirogue pendant ½ h pour faire la rando dans la forêt et là la pluie commence à tomber, mais rien à voir avec le crachin breton ! 5 minutes plus tard nous sommes à tordre, je protège tant bien que mal mon appareil photo sous une bâche que Patrick me prête (c’est là qu’on va voir si le boîtier tropicalisé de Nikon l’est vraiment !). Patrick juge plus prudent d’arrêter la rando et de rentrer à son carbet, en effet dès qu’il pleut la forêt devient trop dangereuse, des arbres tombent, des serpents sortent pour manger les grenouilles et le sol est très glissant. Nous faisons donc demi-tour, reprenons la pirogue et retournons au carbet de Patrick.









    En cours de route, suite à la pluie un site d’orpaillage (légal) déverse dans le fleuve des tonnes de boue.
Les 4 personnes sont mécontentes et demandent à Patrick qui n’y est pour rien de les ramener à Régina après le repas, nous décidons de rester. Il fait un feu sous le carbet ce qui nous permet de faire sécher nos papiers, nos euros et autres affaires qui ont pris l’eau, les billets d’avion de retour et notre road book sont en bouillie, encore heureux que j’avais laissé un double dans notre sac à l’hôtel.
Après le repas Patrick nous dit qu’il doit donc raccompagner les autres à Régina et que nous devrons l’attendre quelques heures ici dans le carbet. Pour nous rassurer il nous laisse un fusil et 2 cartouches de chevrotine au cas où un jaguar ou serpent auraient la bonne idée de nous rendre visite : très rassurant car le fusil ne paraît pas être un modèle dernier cri !












    JP décide qu’il va faire une petite sieste emmitouflé dans le hamac en attendant, Anthony se prend pour un chasseur, fusil en mains, prêt à tuer le jaguar (il ne serait sûrement pas si fier si il y en avait vraiment un !) quant à moi je décide d’écrire mon carnet de voyage sur mon carnet légèrement humide, et il continue à tomber des cordes, nous entendons parfois le bruit d’un arbre qui tombe et toutes sortes de cris d’animaux différents mais nous ne voyons rien.
           
2 heures plus tard nous entendons la pirogue de Patrick qui revient et il pleut toujours. Il prépare la torche (gros poisson du fleuve) pour le repas du soir et ensuite nous allons poser des filets sur le fleuve, les filets doivent être posés au bon endroit mais ne pas être visibles par les autres piroguiers.
Puis nous rentrons au carbet vu qu’il pleut toujours la nuit tombe vite, encore heureux Patrick est très bavard et nous raconte plein d’anecdotes sur la vie dans la forêt, les animaux, l’orpaillage….nous ne regrettons pas d’être restés.
Le dîner sera succulent  : poisson torche, petits légumes et bananes plantain sans oublier le rhum.









Nous nous installons dans nos hamacs, Patrick pose son fusil à côté au cas où, car c’est la nuit qu’une partie de la forêt s’éveille, nous entendrons les singes hurleurs.
La pluie s’arrête dans la nuit mais le temps que la forêt s’essore il faudra encore quelques heures !
 
Vendredi 7 août :
 
    Le soleil est éclatant, nous allons autour du carbet prendre des photos d’insectes puis nous prenons la pirogue pour aller voir si des poissons auront été pris dans les filets posés la veille, au total 6 poissons que Patrick trouve petits mais qui sont pour nous d’une belle taille.










Puis nous retournons dans la crique et nous descendons à l’endroit où Patrick  choisi le bois pour agrandir son carbet. Il nous montre une petite colonie de fourmis extrêmement venimeuses, nous apercevons aussi des morphos bleus (énormes papillons bleus quand les ailes sont ouvertes et marron lorsqu’ils les referment pour se fondre dans la nature) je ne réussirai à le photographier que les ailes fermées. Ensuite nous allons récupérer nos sacs pour partir à l’auberge Approuague où nous passerons la nuit. En route Patrick nous montre ses pièges à écrevisses qu’il va vendre au marché 25 euros le kg !
L’après-midi à l’auberge Approuague nous paraît long car il n’y a rien à faire, hormis des balades en pirogue, cette étape aurait pu être évitée et nous aurions préféré rester avec Patrick ou aller plus tôt au camp Cisame (mais ce sera le seul point pas terrible de ce circuit)
 
Samedi 8 août :
 
    Nous avons rendez-vous à 9h30 au ponton de l’auberge avec Philippe pour aller au camp Cisame, celui-ci aura ½ h de retard à cause d’un barrage de gendarmerie. Nous avons 1h15 de pirogue avec quelques sauts à passer mais notre piroguier amérindien connaît le fleuve par cœur et là où nous ne voyons aucun passage, lui se faufile entre les rochers et les fleurs de Coumarou tout naturellement.
Arrivés au saut Mathias nous découvrons le camp Cisame, magnifique endroit entre le fleuve et la forêt, où nous installons nos hamacs sous un carbet au toit de toulouris. L’accueil y est très chaleureux.
Avant le punch je décide d’aller faire un tour avec mon appareil qui a apparemment bien résisté à la pluie (juste un peu de buée dans l’objectif).
Tout à coup j’entends  un cri bizarre, peut être un oiseau, je m’approche dans la direction et dans le ruisseau j’aperçois tout d’abord une grosse grenouille qui pousse un cri rauque puis en me rapprochant un peu plus je vois qu’en fait elle se fait manger par un serpent chasseur, je prends quelques photos quand Philippe arrive et me dit que je peux traverser le ruisseau pour prendre une photo de plus près, ce serpent, devenu assez rare, n’est pas dangereux. La grenouille est 4 fois plus grosse que sa gueule mais il finira tout de même par l’avaler.










L’après-midi notre guide amérindien nous explique la technique de l’orpaillage mais nous ne trouverons que quelques paillettes qu’Anthony s’empressera de mettre dans une petite boîte !
Ensuite, JP ira pêcher quelques poissons chat pendant que nous remonterons le long du fleuve par la forêt. Anthony redescendra à la nage dans le fleuve : aucun danger juste quelques courants, des poissons carnassiers et des caïmans ! moi je prendrai la pirogue car l’eau, si elle n’est pas transparente, ça ne me dit rien !  
           
Dans la nuit les singes hurleurs feront un bruit impressionnant.
 
Dimanche 9 août :
 
    Levée de bonne heure je pars faire quelques photos, je trouve une superbe araignée Micrathena sp et des macaques qui s’amusent dans les arbres.
Ensuite nous partons pour une rando de 2 h dans la forêt avec notre guide amérindien. Il nous apprend à reconnaître tout au long du layon (sentier) des arbres qui nous seraient utiles si nous nous perdions en forêt ! les bambous barbelés qui contiennent une réserve d’eau,









les counanas ou palmiers poubelle qui peuvent servir à faire un abris, les arbres tambour qui quand on tape dessus avec un coupe coupe signale notre présence jusqu’à 2 km alentours…   
Nous continuons sur le layon qui devient un ruisseau boueux, les baskets  ont du mal à se décoller du fond, nous avons de la boue jusqu’au genoux et sans Anthony qui m’a rattrapée de justesse, je tombais dans la boue avec mes 2 appareils (même tropicaux  ils n’en seraient sûrement pas ressortis indemnes !) 
             
puis après 300 m nous retrouvons  un ruisseau à l’eau parfaitement claire, juste quelques troncs à passer. La forêt est magnifique.
En rentrant Anthony décide d’aller refaire de l’orpaillage pour compléter sa collection de paillettes et pourquoi pas une pépite (c’est beau de rêver !)










    A 15h30 nous devons reprendre la pirogue pour retourner sur Régina puis sur Cayenne.
Le séjour au Camp Cisame est vraiment à conseiller, nous regrettons de ne pas être restés plus longtemps pour partir durant 4 jours en trek dans la forêt.